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Médée - Mise en scène par Diana Dobreva

"Ma mort n’a rien d’autre que ton corps. Si tu es mon homme je suis encore ta femme. Tu me dois un frère Jason" Extrais de Médée – Matériau d’Heiner Muller

Commençons par le début. Médée croise le regard de Jason. Il convoite la Toison d’Or. Elle l’aide à la conquérir avant de laisser son frère se faire assassiner et de quitter son pays pour suivre Jason. Mais ses amours seront vite déçus. Délaissée par son amant infidèle, elle prépare une terrible vengeance.

Diana Dobreva, metteuse en scène bulgare, a choisi de raconter la lente descente aux enfers de Médée, sans doute pour mieux dévoiler les multiples visages de ce personnage mythique, sans doute pour mieux interroger l’énigme du crime de ses enfants. Elle croise dans son spectacle différant point de vue sur le mythe en intégrant des textes d’Ovide, d’Euripide, mais aussi d’Heiner Muller qui a su, selon elle, "ressentir la tragédie".

Après avoir suivie des études de philologie, Diana Dobreva entre dans une école d’art dramatique à Sofia. A sa sortie elle côtoie pendant six ans le théâtre Sfumato, laboratoire artistique d’innovations théâtrales. Elle y travaille en tant que comédienne, notamment sur la "Toison noir", spectacle à grand succès qui fut souvent joué à l’étranger.

Médée est sa première mise en scène. Diana Dobreva a choisi le mythe de Médée car il place les personnages dans des situations extrêmes. Elle souhaite faire du théâtre un "concentré de vie": " notre vie a besoin de ces histoires parce que la société s’endort de plus en plus".

C’est moins Médée en tant que femme qui l’intéresse que Médée en tant que être humain. A travers le personnage, elle s’interroge sur les raisons qui amènent un individu à s’enfoncer dans ces propres abimes. Est-ce le destin inaliénable? Est-ce un choix personnel et conscient? Une succession de tableaux vivants compose le spectacle, bercé par un univers sonore étrange. Le plateau trouve son équilibre à la frontière entre le rêve et la réalité.

Cette dramaturgie picturale évoque le moment où un individu s’approche au plus près de la mort. Devant ces yeux et ceux des spectateurs, défile sa vie sous forme de séquences sans lien apparent.

Clémance Baudrier, Festival Premières de Strasbourg, France (16 juin 2007)

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